Histoire et traditions

Le Monument aux Morts

Lieu de commémoration, de recueillement lors des journées du souvenir.

Plusieurs fois dans l'année, la France commémore les évènements qui ont dramatiquement marqué son histoire, au cours du dernier siècle.

Comme dans toutes les communes, la municipalité, les associations d'anciens combattants invitent au cours de l'année la population à se rassembler devant le monument aux morts, pour les cérémonies du souvenir.

Le calendrier des commémorations

Le 11 novembre : Commémoration de l'Armistice qui mit fin à l'effroyable hécatombe de la 1ère guerre mondiale (1914 - 1918)
Le 8 mai : Commémoration de la capitulation de l'Allemagne nazie, fin de la 2ème guerre mondiale (1939 - 1945)
Le dernier dimanche d'avril : Journée du souvenir des victimes de la déportation.
Le 18 juin : Commémoration de l'appel lancé de Londres par le Général De Gaulle, en 1940 pour que "la flamme de la résistance française ne s'éteigne pas".

La plus ancienne et la plus permanente de ces commémorations est celle du 11 novembre.

Dès la fin de la guerre, en 1918, les autorités nationales organisèrent le culte de la mémoire des soldats morts pour la France "afin de perpétuer l'exemple de leur partriotisme et de leur sacrifice". L'Assemblée Nationale par la loi du 24 octobre 1922 décida de faire du 11 novembre, une journée fériée, journée du souvenir du sacrifice des 1.400.000 jeunes hommes tués dans les combats de Verdun, de la Somme... (16 % des mobilisés, 10 % de la population active masculine).

Une souscription pour financer le monument aux morts :

Comme dans pratiquement toutes les communes, Saint-Péray décida d'édifier un monument, lieu de mémoire, de deuil pour les familles et la communauté villageoise en hommage aux 88 jeunes Saint-Pérollais "morts pour la France".

Dès 1919, se constitua sous la présidence du maire, le docteur Jules Bouvat, une commission du monument aux morts, chargée de recueillir les fonds nécessaires à la construction. Un appel fut lancé et les dons affluèrent, dons de particuliers ou lors de mariages et funérailles.

La commission décida de confier le projet à deux architectes valentinois Messieurs Joulie et Bissuel, installés 34 rue Emile Augier, qui présentèrent l'esquisse d'un monument à "4 faces, en pierre de Ruoms non polie, les parties destinées à recevoir les noms seules polies". Le projet et le devis de 16.000 Fr furent approuvés par le conseil municipal dans sa séance du 14 juillet 1921.

L'assemblée communale ne donna pas de suite au courrier du Préfet qui au nom du ministre des armées, proposait des trophées de guerre, obus, canons pour orner les monuments aux morts.

Pour déterminer son emplacement : un référendum.

Si la volonté générale était que ce lieu de mémoire soit au coeur du village, le choix de l'emplacement provoqua contestations et disputes. Pour couper court à toute polémique, le maire décida d'organiser un référendum. Chaque souscripteur fut convié à l'hôtel de ville pour donner son opinion en apposant sa signature dans une des 5 colonnes où étaient mentionnés les emplacements envisagés :

Place du marché, devant la mairie
Place de la Pompe

Cimetière
Carrefour de la maison Dupont et de l'institut, entre la cave Gilles et la rue Ferrachat, la maison Gilles était un institution religieuse, école pour jeunes filles
Jardin de la mairie

Résultat de la Consultation :

94 pour la Place de la Pompe
56 pour le cimetière

Les autres possibilités ne recueillant que quelques voix.

L'installation du monument, place de la Pompe, entraînait la disparition d'un édifice monumental où une pompe à volant permettait de tirer l'eau d'un puits alors désaffecté.

Des Saint-Pérollais tout en se réjouissant de la disparition de cette pompe encombrante et inutile considéraient cet emplacement peu judicieux s'agissant d'une "place petite et très mouvementée, en raison de la présence de nombreux commerçants tels que : épiciers, menuisier, boulanger, boucher, marchand de vins etc... qui reçoivent très souvent des marchandises par gros véhicules que l'on avait pas autrefois".

Dans une lettre, l'un d'eux indiquait au maire "je suis certain d'avance que l'avenir confirmera mes dires..." et en effet 70 ans plus tard, le monument fut enlevé de cette place et installé près du cimetière, place du souvenir français, un endroit qui met plus en valeur et un lieu plus propice au recueillement lors des cérémonies du souvenir.

Les problèmes de fondations sur le puit de la pompe, le surcoût lié à inflation, les retards de l'artiste choisi pour décorer d'un "bronze patiné, figure de la victoire" le fronton de l'édifice ne permirent d'inaugurer le monument aux morts que le 11 novembre 1923, lors d'une cérémonie patriotique qui rasssemblait derrière les autorités civiles et religieuses, les anciens combattants, les enfants des écoles et toute la population pour honorer la mémoire des 88 Saint-Pérollais "morts pour la patrie".

La place de la Pompe fut alors débaptisée et devint la place de la Paix, correspondant au souhait de toute la population traumatisée par la guerre. Mais pour les Saint-Pérollais, elle restera longtemps la "place du monument".

Un monument pour la Paix :

Au lendemain de la 2ème guerre mondiale, on y inscrivit le nom de nouvelles victimes de guerre, d'un soldat tué dans les combats de 1940, de quatre résistants des forces française de l'intérieur et de cinq victimes civiles. Les conflits de la décolonisation, Indochine, Algérie, ne firent heureusement pas de victimes saint-pérollaises.


Le monument aux morts, aujourd'hui place du souvenir français,
est le témoignage des moments dramatiques de notre histoire.

C'est un lieu de mémoire pour les générations actuelles
et futures qui rappelle le sacrifice de générations passées,
l'abomination des guerres et la nécessité de la paix.

Copyright © 2003 Mairie de Saint-Péray