Histoire et traditions

SAINT-PERAY EN 1900 :
la vie municipale d'autrefois

Saint Péray comptait alors 2569 habitants.

Composition du conseil municipal :

La commune était alors administée par un conseil municipal, exclusivement masculin (les femmes n'obtiendront le droit de vote qu'en 1944).
Le Maire Napoléon Martin était entouré de messieurs Vivares, Tassini, Viossat, Ladreyt, Rochette, Julliat, Grégoire, Traversier, Clappe, Jourdan, Seauve, Fleury, Revirand, Bes, Jacquet, Debaux.

Le budget 1900

Etait alimenté comme aujourd'hui par un certain nombre de contributions :

Impôts fonciers sur le bâti
Impôts fonciers sur le non bâti

La contribution immobilière devenue la taxe d'habitation
La patente remplacée de nos jours par la taxe professionnelle

Mais s'ajoutaient des taxes aujourd'hui disparues :

Impôts sur les portes et les fenêtres, calculé en fonction du nombre et de la surface des ouvertures des bâtiments.
La taxe sur les chiens, classés en deux catégories, les chiens d'agrément et de chasse imposés à 5 Fr et les chien de garde de troupeaux, de maisons, à 1 Fr. Les salaires journaliers variaient alors de 1 à 3 Fr. Au total 198 chiens étaient recensés sur la commune en 1900 et le rendement de cet impôt assurait 50 % du salaire annuel du secrétaire de mairie.
La taxe sur les vélocipèdes. Elle rapportait peu, les propriétaires de bicyclettes, engins de locomotion nouveaux, étaient peu nombreux à Saint-Péray au début du XXème siècle.

Les recettes budgétaires étaient aussi alimentées par les droits sur les pesages. Le "poids public" - propriété de la commune - était utilisé lors des ventes de bétail, de bois... très importantes alors.

En ce qui concerne les dépenses : la charge de fonctionnement était sans commune mesure avec celle d'aujourd'hui. Le personnel communal se composait seulement d'un secrétaire de mairie, d'un garde champêtre et d'une femme de ménage.
Les plus grosses dépenses concernaient le fonctionnement des écoles publiques (de garçons et de filles) l'entretien des chemins et surtout les adductions d'eau et la construction de fontaines.

Un débat dans cette année 1900 :
la création d'une école intercommunale
entre Saint-Péray et Guilherand, aux Granges.

Les Granges, hameau autour du pont du Rhône (alors en amont de l'actuel) s'étendaient sur deux communes : Saint-Péray au Nord de la route de Valence et Guilherand au Sud.

Solicitée par les habitants, pressée par l'administation, la mairie de Saint-Péray, ne voyant pas la nécessité d'une telle création, soucieuse de ne pas gaspiller les deniers publics, fit preuve d'une grande inertie. Il fallut sept courriers du sous préfet pour que la question soit abordée en conseil municipal.

Lors des débats, certains arguments avancés peuvent aujourd'hui surprendre à une époque où les enfants sont amenés en voiture à la porte de l'école :

"Plusieurs conseillers font observer que les enfants des Granges peuvent facilement aller aux écoles de Guilherand (village) et de Cornas qui sont peu éloignées (!) ainsi qu'à celle de Valence où il n'y a que le pont à traverser ..."

Bien évidement les enfants se rendent à l'école, obligatoire de 6 à 12 ans, à pied.

Après discussions, un scrutin secret est demandé.
Résultat : 16 non, 4 bulletins blancs.

Quelques années plus tard, la raison l'emporte l'école fut construite, premier pas vers une intercommunalité aujourd'hui indispensable.

Au début du siècle Saint-Péray entre dans la modernité avec l'électrification de la commune.

En 1900, le conseil municipal se préoccupait de l'éclairage public et privé. L'éclairage au gaz était alors envisagé mais...

Dans la séance du 13 janvier 1901, Victor Tassini, rapporteur de la commission éclairage, fit savoir que la possibilité d'un éclairage par l'électricité pouvait être envisagée. La commission fut alors chargée : "d'une étude comparative entre les deux moyens d'éclairage avant d'en adopter un de manière définitive".

Sage décision, les élus firent le choix de la "fée électricité" qui avait illuminé Paris et ses grands monuments lors des fêtes du changement de siècle. Et ce fut Victor Tassini, élu maire après le décès le 26 avril 1901 de Napoléon Martin, qui mena à bien cette tâche.

Le 02 juillet 1902, il signa avec un industriel de l'Isère, Amédée Coeur, un contrat "pour la fourniture et le transport d'électricité pour l'éclairage public et des particuliers".

Le 14 septembre 1903, Saitn-Péray devint une des toutes premières villes lumière du département.

Et cela en même temps que Valence où un premier quartier (Victor Hugo, Place de la République, Championnet) fut électrifié en 1902.

En un siècle Saint-Péray a su évoluer
tout en conservant un caractère
et une identité qui font le charme de notre ville.

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